Faire ses courses autrefois...
- Le webmaster (EB)

- 21 janv.
- 4 min de lecture

Depuis le milieu du XX° siècle, plus précisément les années 70, il suffit de se rendre au supermarché pour trouver la quasi-totalité de ce dont nous avons besoin dans un seul et même lieu, ce qui est très pratique et fait gagner beaucoup de temps, même si la tentation d'acheter est aussi plus grande !
Mais autrefois, faire ses courses et ses "emplettes" exigeait bien plus de temps et de trajets. Les citadins comme les villageois ne pouvaient pas regrouper leurs achats dans un unique magasin : il leur fallait aller de boutique en boutique, fréquenter le marché ou patienter jusqu'au passage des vendeurs ambulants.
Chaque marchand ou artisan possédant sa propre spécialité, la préparation d'un repas ordinaire obligeait fréquemment les familles à arpenter plusieurs rues.

Au sein de ces petits commerces, que l'on appelait souvent des échoppes, chaque vendeur proposait une marchandise spécifique.
Le boulanger vendait du pain, des galettes, des brioches et quelques pâtisseries basiques. Le pain constituant la base de l'alimentation, on s'y rendait généralement quotidiennement, attiré dès l'aube par le parfum du fournil.
Pour se procurer de la viande, une denrée onéreuse pour de nombreux foyers, on allait chez le boucher qui maniait de larges couteaux au milieu de ses crochets et de ses balances. De son côté, le charcutier proposait des jambons, des saucisses, des pâtés, du lard et diverses salaisons, autant d'aliments qui se conservaient plus facilement à l'époque où les réfrigérateurs n'existaient pas.
Le poissonnier, quant à lui, étalait poissons, coquillages et crustacés. Si dans les villes portuaires la marchandise provenait directement des navires, sur les marchés, ces vendeurs donnaient souvent de la voix pour capter l'attention de la clientèle !
Les laitages possédaient également leurs propres distributeurs : la laitière déambulait parfois dans les rues munie de ses bidons de lait, de crème ou de beurre, tandis que le fromager offrait une variété de fromages régionaux. Autour de ces étals de marché se dégageaient parfois des odeurs puissantes, marquant l'esprit des promeneurs au même titre que l'animation et les couleurs ambiantes.
Afin de s'approvisionner en fruits et légumes, les habitants se rendaient chez le maraîcher, le fruitier ou la marchande des quatre saisons. Le maraîcher proposait généralement les légumes, les salades, les herbes aromatiques et les pommes de terre qu'il avait lui-même cultivés. L'étal de la "marchande des quatre saisons", particulièrement coloré, offrait une variété de fruits, de légumes et parfois de fleurs, qui changeait au rythme de l'année. De son côté, le fruitier vendait des pommes, des poires, du raisin, ainsi que des noix et des fruits secs, bien que les fruits frais fussent plus rares en hiver dans certaines régions.
Pour les produits de la ferme, le marchand d'œufs (appelé "Cocotier") et de volailles fournissait des œufs, des poules, des canards et parfois des lapins. Ces animaux étaient souvent cédés vivants, animant les marchés de leurs gloussements au milieu des plumes.
L'épicerie constituait un commerce essentiel du quotidien, toujours imprégné d'odeurs d'épices, de café et d'herbes. On s'y fournissait en denrées de base telles que le sucre, le café, la farine, le sel, le riz, l'huile, et parfois même le savon. Les produits plus rares, comme le poivre, la cannelle, la muscade ou les clous de girofle, relevaient du marchand d'épices ; importés de pays lointains, ils atteignaient souvent des prix élevés.
Les enfants, quant à eux, s'émerveillaient devant les boutiques du chocolatier et du confiseur, qui regorgeaient de chocolats, de bonbons, de sucre et de multiples douceurs.
Enfin, les matières grasses nécessaires à la cuisine, comme le beurre, les diverses huiles et les graisses de cuisson, s'achetaient spécifiquement chez le marchand de beurre et d'huile.

Le marché de plein air constituait un espace central de la vie locale. Se tenant sur la place publique une à plusieurs fois par semaine, il regroupait une multitude de producteurs, de commerçants et d'artisans. Les étals proposaient une grande variété de produits : légumes, poissons, volailles, textiles, outillage, et même parfois du bétail. L'atmosphère y était animée par les appels des vendeurs, les conversations des acheteurs et les bruits des animaux. Ainsi, bien plus qu'un simple espace commercial, le marché représentait un véritable carrefour d'échanges sociaux et de diffusion des nouvelles.

En ce qui concerne l'habillement, les grands magasins n'existaient pas, alors :
le tailleur concevait des vêtements sur mesure, tels que des vestes, des pantalons ou des robes;
la couturière se chargeait de la création et de la réparation des tenues féminines ou enfantines, ainsi que des chemises;
les familles couturières s'approvisionnaient en étoffes et en laine chez le drapier ;
elles se rendaient à la mercerie pour acquérir fils, aiguilles, boutons, dentelles et rubans;
les chaussures, coûteuses et conçues pour durer, étaient achetées ou raccommodées chez le cordonnier. En milieu rural, le sabotier fournissait des chaussures en bois;
le chapelier vendait des coiffes, chapeaux et casquettes, accessoires indispensables à l'époque.
il était possible de se procurer des gants chez le gantier (voir illustration ci-dessus) ;
le fourreur proposait des manteaux de peau (notamment de lapin) très chauds, particulièrement appréciés dans les régions froides.
Par ailleurs, certains commerçants adoptaient un mode de vie itinérant. Le colporteur voyageait de village en village, proposant de la menue marchandise, des tissus, des articles de mercerie et parfois des denrées alimentaires, suscitant souvent l'impatience et la curiosité des enfants.

Les foires, de leur côté, attiraient une foule encore plus dense. Artisans, marchands, bétail et marchandises diverses s'y retrouvaient. Ces grands événements permettaient de dénicher des produits rares venus de contrées lointaines et prenaient régulièrement l'allure de véritables festivités populaires.Autrefois, les chariots et les caddies n'existaient pas. Les provisions étaient donc transportées dans des paniers, des sacs en toile ou même des brouettes.
En l'absence de réfrigérateurs dans les maisons, les ménages achetaient de petites quantités, généralement tous les jours, afin de garantir la fraîcheur des produits.
Par conséquent, faire les courses représentait une tâche quotidienne, mais constituait également une occasion privilégiée pour discuter, croiser ses voisins et s'impliquer dans la vie locale du quartier ou du village.
Bonne journée à toutes et tous !
Le webmaster
Sources et ressources pour aller plus loin…
"Foires et marchés d'autrefois" de René Matillat - R. MATILLAT (1996)
"Les petits commerces d'autrefois" de Fabienne Reboul-Scherrer - EDITIONS DU CHENE (2011)
"Petits Commerces d'autrefois" de Jean-Michel Le Corfec - SUD OUEST (2009)
"Marcolès autrefois. Une épicerie de village" de Pierre Cazal & Françoise Cazal - BOOKS ON DEMAND (2019)
Crédits :
Photos (c) PngTree
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