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Une passion née entre deux âges...

Jean-Paul BOUSQUET est né à Angoulême (Charente), le 10 Novembre 1947.

1947 : l’après-guerre… une époque charnière entre un monde empreint de traditions et valeurs séculaires et le monde moderne. C’était juste avant que le marketing et la publicité ne viennent créer le besoin, en pilotant la société "de consommation" dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

En 1947, il y a seulement 70 ans, "tout se méritait"… on n’achetait pas ses meubles en kit chez un fabricant suédois : on les fabriquait à la main et cela prenait du temps ; cela nécessitait aussi un savoir-faire particulier qui faisait autrefois la gloire de notre pays. Ces meubles avaient quelque chose de spécial : ils sentaient bon le bois et la cire d’abeille, mais surtout : ils étaient tous différents, uniques, car le sur-mesure n’avait pas encore laissé la place au prêt-à-monter, ni même au prêt-à-porter…

 

A cette époque, pas si lointaine, on portait rarement des vêtements neufs ; on les ajustait d’une année sur l’autre, on portait ceux de ses frères et sœurs, de ses cousins, rien n’était jeté, tout était "récupérable"… toute chose pouvait ainsi bénéficier d’une nouvelle vie. La génération "kleenex" n’était pas encore née.

 

On allait encore chercher de l’eau au puits, ou bien l’on recueillait cette eau au bord de son toit. Les femmes lavaient encore le linge au lavoir, à la rivière. On se chauffait au bois, car le chauffage central n’existait pas. On s’éclairait encore beaucoup à la bougie et - croyez-le ou non ! - des camelots parcouraient encore les rues du quartier de Lhoumeau et du vieil Angoulême en charrettes tirées par des chevaux pour vendre du vin, du lait en bidons, des tissus, du fil, des boutons taillés à la main dans la nacre... Jean-Paul BOUSQUET et ses sœurs accompagnaient même leur mère, Denise, chez le boulanger, pour y faire cuire leur propre pain et ce, avant de rendre visite à leur père Jean, qui cultivait des fruits et légumes dans son potager pour nourrir la famille. Ce potager était situé à plusieurs kilomètres de la maison et il fallait les parcourir à pied, en arpentant des ruelles pentues, et - bien entendu - ramener aussi, à pied, les récoltes ! C’était une autre époque, où les travaux étaient certes "laborieux", les conditions de travail, difficiles, mais où l’on prenait le temps de vivre. Une époque à mille lieues de celle que vit actuellement la "génération Z".

Port de Lhoumeau (c) Collection JFM

A la fin des années 60, tout a changé. Une nouvelle société, dite "de consommation et de loisirs" commençait à voir le jour : tout ce qui était "nouveau" et notamment tout ce qui venait d’Amérique (industrialisation, consumérisme, marketing, mass media,…) semblait soudain prendre le pas sur les traditions ancestrales : machines à laver le linge, fers à repasser électriques, machines à coudre et à tricoter, premiers ordinateurs personnels,… le travail mécanique allait peu à peu remplacer le travail manuel. Il allait le faciliter, certes, mais des dizaines de métiers allaient disparaître à cause de ces machines : Tonnelier, Maréchal-Ferrant, Forgeron, Rémouleur, Merrandier, Sabotier, Layetier, Faucheur, Charron, Ferblantier, Bourrelier,… La machine allait, petit à petit, et très rapidement, remplacer l’outil. Le monde moderne allait supplanter l’ancien. Et rien ne serait plus jamais pareil…

Bien qu’il ait exercé toute sa vie, avec beaucoup de plaisir, le métier de Professeur d’Éducation Physique et Sportive au Collège Romain Rolland de Soyaux (Charente), Jean-Paul BOUSQUET a toujours été nostalgique de cette vie qu’il avait connue pendant son enfance et de toutes les traditions de l’époque. Il rêvait d’exercer un autre métier le plaçant en contact direct avec la nature, la terre, la vigne et plus particulièrement, le bois, matériau qu’il a toujours jugé le plus noble de tous. Tonnelier ? Menuisier ? Charpentier ? Compagnon du Devoir ? En tous cas, un de ces métiers manuels qui lui auraient permis de préserver un savoir-faire artisanal et de perpétuer les traditions de ses ancêtres.

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La vie est un mystère à vivre : elle nous propose souvent des chemins différents… pour atteindre un même but ! C’est la raison pour laquelle, bien que Jean-Paul ait exercé toute sa vie un autre métier que celui dont il rêvait, il a néanmoins donné à son rêve une chance d’exister en réunissant, réparant et "bichonnant" plus de 2.000 outils.

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