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Un héritage culturel et familial destiné à défier le temps…

Jean-Paul BOUSQUET est aujourd’hui âgé de soixante douze ans. Il feuillette régulièrement des ouvrages spécialisés avec beaucoup de plaisir et d’émotion, mais il n’est plus en mesure de s'occuper de ses outils, ni d’écrire, ni d’expliquer tout ce qu’il aurait voulu partager, sa mémoire lui faisant malheureusement gravement défaut. Sa passion pour les outils est cependant toujours bien vivante et lui en parler suffit à lui redonner le sourire.

Lorsque l'on demande à Jean-Paul pour quelle raison il aime autant et collectionne tous ces outils avec tant de passion, il répond invariablement, avec les yeux pétillants de l’enfant rêveur qu’au fond de lui il est toujours resté : "Parce que c’est beau !". Beau… tout simplement… pas seulement utile ! A ses yeux, les outils ne sont pas juste au service de la main de l’homme, ils la prolongent. Ils sont un médiateur discret entre la pensée et le geste, au sens où ils permettent à la pensée de s’exprimer de façon concrète, comme le pinceau permet au Peintre de créer une œuvre "ex nihilo".

A l’interrogation d’Alphonse de Lamartine "Objets inanimés, avez-vous donc une âme ?" Jean-Paul répondrait donc, évidemment, par l’affirmative !

Les outils sont des compagnons fidèles, des amis que l’on veut protéger​...

La passion de Jean-Paul Bousquet se résume sans doute le mieux à travers ce poème, qu’il a écrit, à la manière de son poète préféré, Charles Baudelaire, il y a 30 ans :

"Outil… Ami…"

Outil élaboré par les générations
Fruit et prolongement de la pensée humaine,
Tu te laisses guider, et avec soumission,
Suis le chemin choisi par la main qui t’entraîne.

Outil, humble instrument de la richesse humaine,
Tu modèles le bois, le métal ou la pierre,
Dans le lent mouvement des gestes qui s’enchaînent,
Pour faire jaillir en eux l’âme de notre terre.

Outil, ami de l’homme, compagnon du génie,
Qui te pousse ou te tire avec délicatesse,
Fidèle à ses désirs, tu fais germer la vie,
Et, filant sur l’ouvrage, lui offres ta noblesse.

Outil, force et douceur, tu frappes ou tu caresses,
Au gré des errements de la création,
Sous ton fer, peu à peu, s’épanouit la promesse,
De bonheur, de plaisir et d’exaltation.

Outil, quand tu sommeilles au soir sur l’établi,
Je ne peux retenir un élan de tendresse
Et j’effleure ton corps luisant sous la bougie,
Comme on frôle, du doigt, le sein d’une maîtresse.

Outil, pure beauté, objet de perfection,
Est-ce moi qui te cherche ou bien toi qui m’habites ?
Tu m’amènes parfois à perdre la raison
Quand je sens, sous ma main, une âme qui palpite.

Ami, abandonné par la bêtise humaine,
Sacrifié sur l’autel de "Dame Évolution",
Tu dors, en attendant qu’une main te reprenne,
Pour qu’avec ton pardon… renaisse l’émotion".

Jean-Paul BOUSQUET​​