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Une passion née d’un héritage familial

C’est de son père, Jean BOUSQUET (Tonnelier), de son oncle Robert BOUSQUET (Maître de Chai dans la région de Bordeaux) et de son grand-père maternel François RIVIÈRE (Maréchal-Ferrant) que Jean-Paul a hérité sa passion de la terre, des outils et de "la belle ouvrage".

Ci-dessus : sculpture sur bois de A. Morand

Jean BOUSQUET, le père de Jean-Paul, était Tonnelier de formation. Il travaillait aux Docs de Lhoumeau, société qui stockait et vendait du vin et des spiritueux et où l’on nettoyait et consignait les bouteilles. Jean réparait souvent des barriques, tonneaux, vinaigriers et demi-muids à la maison, pour des personnes de la famille ou des amis. Dans son atelier, pas de machine, que des outils à main : rabots, asses, bastringues, jabloirs, planes, marteaux, bouvets,… Ça sentait bon le bois… le bois de châtaigner, mais aussi de chêne, ce bois sacré qui défie les siècles, survit pendant des générations et qui, symboliquement, représente donc la force et la longévité : "l’arbre de vie"…

Enfant, Jean-Paul BOUSQUET passait de longues heures à observer son père, façonner des barriques : fabriquer les fonds, lisser le bois avec une bastringue, préparer les douelles en taillant les planches avec une plane, en les polissant avec un rabot, puis une ponceuse et du papier de verre, placer les douelles à l’intérieur d’un cercle de montage en calant la première avec une clé, poser les cerceaux en bois de châtaigner puis effectuer un cerclage de fer en haut et en bas, pour maintenir les douves taillées en forme de biseau avec une asse, creuser le bord intérieur du tonneau avec un jabloir, former des rainures où viendraient se glisser les fonds de barrique, poser ensuite les joncs à longues tiges, servant de joints, creuser la bonde de la barrique avec un locet, chauffer enfin la barrique avec un brasero pour assouplir le bois, jusqu’à ce que la barrique soit bombée et ventrue…

 

Il ne fallait pas moins de 8 heures pour fabriquer une barrique de 400 litres comptant 30 douelles... et le bois des planches devait avoir au moins cent ans !!! Un travail passionnant, mais aussi un minutieux assemblage, tel un jeu de construction pour l’enfant qu’était Jean-Paul, où chaque étape revêtait une importance cruciale. Une barrique ne devait pas fuir. L’erreur n’avait pas droit de cité. Le travail devait être réalisé "à la perfection". C’est aussi cette complexité, ce sens du "beau" et du "bien fait" qui a toujours fasciné Jean-Paul BOUSQUET et a nourri sa passion.

Ci-dessus : photo d'atelier en guise d'illustration (Source : Stock Snap)

Adolescent, il aidait son père dans son travail de Tonnelier, en même temps qu’il apprenait à réparer des outils et à façonner, de ses mains, toutes sortes d’objets, jusqu’à acquérir une certaine expertise. Pendant les vacances scolaires, il livrait les fûts de vin, en camion, jusqu’à Cognac, Bordeaux, parfois plus loin... Il apprenait aussi avec son père à cultiver et entretenir le jardin potager.

Adulte, il eut l’opportunité de mettre à profit tout ce qu’il avait appris, en rénovant entièrement "Les loges", maison de campagne familiale achetée par sa sœur aînée et marraine, Paulette, près des Adjots : un endroit où il passerait la plupart de ses week-ends, en famille, pendant plus de vingt ans, et qui deviendrait vite son "violon d’Ingres".

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Photos : Paulette Bousquet – Travaux en famille de père en fils, dans la maison familiale "Les Loges"

Aux Loges, Jean-Paul apprit à planter puis cultiver la vigne avec son père, en utilisant les outils de ce dernier, pour sulfater, vendanger, mettre le vin en fûts de chêne, puis en bouteille. Chaque année, toute la famille se réunissait au début de l’automne, pour vendanger : ramasser les grappes de raisin bien mûr, les fouler au pied "comme autrefois", les mettre au pressoir,… avant de déguster le vin nouveau avec une poêlée de châtaignes et des compotes de pommes ramassées dans le jardin. "La vraie vie" comme Jean-Paul se plaisait - et se plaît toujours - à la qualifier.

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