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Petit bout de bois, grand feu : la fabrication des allumettes


Certains objets font tant partie de notre quotidien qu’on n’imagine pas leur utilité essentielle…

Un de ces objets a pourtant changé la vie de millions de personnes depuis l’Antiquité : l’allumette.


Avant son invention, allumer un feu était long et difficile : il fallait des silex, de l’amadou, beaucoup de patience et souvent l’aide d’une personne expérimentée. Avec l’allumette, le feu devient disponible à tout moment, pour tout le monde, à n’importe quel endroit : c’est une petite révolution technique, mais aussi sociale.



Plusieurs matériaux interviennent dans leur fabrication :

  • Bois tendre pour les tiges (peuplier, tremble, bouleau…). Facile à couper en fines baguettes, il brûle régulièrement et il est peu coûteux. Autrefois, on utilisait aussi du roseau, du papier roulé ou la partie ligneuse du chanvre.

  • Cire et soufre, dont on enduisait les tiges de bois, avant les produits chimiques. Cela permettait à la flamme de se propager plus facilement à partir d’une braise. Ces « allumettes soufrées » ont longtemps servi pour allumer des chandelles, des lampes à huile ou un feu de cheminée. Pour les allumettes modernes, on utilise des composés chimiques qui libèrent de l’oxygène lors de la combustion, comme le chlorate de potassium. Ils permettent d’obtenir une flamme rapide et régulière quand on frotte l’allumette.

  • Phosphore blanc, très inflammable mais très toxique pour les ouvriers et ouvrières, il provoquait des maladies graves de la mâchoire. Il a donc été remplacé par du phosphore rouge, plus stable et moins dangereux, souvent placé sur le grattoir de la boîte plutôt que sur l’allumette elle-même.

  • Colorants et liants (colle, gomme, amidon, colorants) pour agglomérer les poudres chimiques sur la tête en bois de l’allumette, colorée en rouge, brun, ou même parfois bleu.


Autour d’une simple allumette, on trouve une chaîne complète de métiers :

  • Bûcherons et ouvriers du bois :

    Ils abattent les arbres, débitent le bois et le transforment en planchettes ou en baguettes. Le choix de l’essence de bois est important : il doit être régulier, sans nœud, et brûler correctement.

  • Ouvriers et ouvrières des manufactures :

    Dans les usines d’allumettes, une grande partie du travail a longtemps été réalisée à la main : tremper les baguettes, les aligner sur des cadres, les faire sécher, les casser à la bonne longueur, remplir les boîtes. De nombreuses femmes et jeunes filles y travaillaient, souvent pour des salaires faibles et dans des conditions dangereuses, à cause des produits chimiques.

  • Chimistes et ingénieurs :

    Ils ont inventé et amélioré les mélanges pour concevoir les têtes d’allumettes, cherchant à réduire les risques d’incendie et d’empoisonnement. Ils ont ensuite conçu des machines automatiques pour augmenter la production.

  • Fabricants de boîtes et imprimeurs :

    Les boîtes en carton ou en bois étaient fabriquées, assemblées puis décorées par des imprimeurs. Les étiquettes constituaient parfois de véritables petites affiches publicitaires : on y trouvait des marques, des dessins, des slogans, voire même des messages politiques !

  • Commerçants et colporteurs :

    Ils distribuaient les boîtes d’allumettes dans les villes et les campagnes. Grâce à eux, l’allumette est devenue un objet accessible dans presque tous les foyers.


Ce petit bout de bois a ainsi accompagné et permis d’éclairer le quotidien des hommes de l’Antiquité à nos jours.


Bonne journée à toutes et tous !


Le webmaster


Crédits :

  • Photos © PngTree

  • Illustration conçue avec la suite ADOBE CREATIVE SUITE

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